Cités ouvrières de Bouligny

Bouligny (Meuse)
  • Edifices industriels

Historique

En 1851, la commune rurale de Bouligny compte 415 habitants. La découverte d’un gisement de fer en 1899 entraîne l’exploitation d’un premier carreau de mine en 1906. Peu après, la fusion avec la concession voisine crée la mine d’Amermont-Dommary qui s’étale alors sur 1021 hectares. La société a un développement rapide, employant 1500 mineurs à son apogée. Elle fait construire plus de 500 logements entre 1910 et 1920, ainsi que deux écoles.

En 1953, la mine, alors propriété de SIDELOR, connaît une modernisation importante et, en 1959, une nouvelle extension de 600 hectares est entreprise. Cette année-là, Bouligny compte près de 5500 habitants.

Ne rivalisant plus sur le marché mondial, la « minette » du bassin Lorrain est peu à peu délaissée pour des minerais à plus grande teneur en fer. Les mines d’Ammermont-Dommary ferment en 1978 et sont détruites en 1985. Bouligny subit alors une forte baisse démographique, la population diminuant plus que de moitié.

Faisant face à de nouvelles problématiques urbaines et sociales touchant toutes les anciennes cités minières ayant perdu leur activité, la municipalité mène une campagne de rénovation de son habitat ouvrier depuis 2013. La gare, quant à elle, a été reconvertie en bibliothèque municipale.

Dates à retenir

1906 : Ouverture de la mine d'Amermont (Bouligny)
1908 : Fusion avec la mine de Dommary
1978 : Fermeture de la mine d'Amermont-Dommary

Description

La Cité Saint-Pierre est implantée à l’écart du vieux village, le long de la route départementale. Cinq variantes de logements ouvriers, entre maisons en bandes et maisons jumelées, s’organisent en rangs parallèles. D’apparence semblable et modeste, les maisons mitoyennes (environ 200) forment le cœur de la cité et créent un front urbain dense sur l’axe principal. Chaque logement se révèle pourtant unique grâce à des détails comme les linteaux et les couronnements en briques en façades.

Aux extrémités et au sud de la rue de la Libération, des maisons jumelées font transition avec les limites de la cité. Leurs longs potagers rappellent des cités jardins plus aérées. Ces maisons sont en majorité de type « chalet », caractérisé par un pignon sur rue et de longs pans de toiture. D’une symétrie trompeuse, elles réunissent en réalité deux types de logements à un et deux étages. Les demeures des contremaîtres, puis celles des cadres, jalonnent et concluent quant à elles l’axe principal de la cité.

Logements en bandes et cité-jardin illustrent deux mouvements de pensée différents sur l'habitat ouvrier. Leur répartition est calqué sur le système hiérarchique de la mine, privilégiant autrefois les cadres en leur fournissant les logements les plus spacieux et aérés.

A trois kilomètres à l’est, la Cité de la Mourière présente une configuration urbaine radicalement différente. Des maisons jumelées identiques s’organisent autour d’une place centrale, selon un plan quadrillé, loin du village-rue lorrain. Une sensation d’homogénéité se dégage de ces maisons qui présentent pourtant de nombreuses adaptations par leurs habitants.

Documentation conseillée

COLLECTIF, Le patrimoine des communes de la Meuse, Editions Flohic, 1999.

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Intérêt

Dès la fin du XIXe siècle et jusqu’aux années 1950, de nombreuses cités ouvrières se développent dans le Pays Haut, en parallèle de l’industrie minière, dans le but de sédentariser la main-d’œuvre. En rupture avec le paysage rural traditionnel, ces cités autonomes, et parfois isolées, ont connu des déclinaisons architecturales et urbaines variées. La commune de Bouligny en est un exemple, possédant en son sein deux cités radicalement différentes : la cité Saint-Pierre et la cité de la Mourière.

Période(s)

Edifice antérieur à 1918, remanié

Localisation

Rue de la Libération
Bouligny (55240)

Mots clés

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